Portrait du mois : Alexandre est Géomaticien au Luxembourg, un métier à mi-chemin entre la géographie et l’informatique

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Published on 05/01/2022, by Florane Giolat

La série des « portraits du mois » reprend de plus belle en 2022 ! J’espère que vous avez tous pu bien profiter des fêtes pour vous reposer et passer du temps avec vos proches. Chez Moovijob, l’année commence en beauté avec le témoignage d’Alexandre qui a accepté de me narrer son parcours et sa passion pour son métier. D’ailleurs, savez-vous ce qu’est un Géomaticien ? Suivez-moi, on va le découvrir ensemble. 


Qu’est-ce que la géomatique ?


Si le terme peut sembler inhabituel, voire curieux de prime abord pour les non-initiés, Alexandre, l’expert du domaine, a très vite pu me donner quelques explications : « Le mot géomatique est né de la contraction des mots Géo, qui veut dire Terre, et Matique, qui vient du mot informatique, informer ; c'est le traitement automatique de l'information géographique. Ils ne se sont pas trop fatigués pour l'inventer comme tu peux le voir. C'est une discipline qui est apparue au Canada dans les années 80 à l'Université de Laval. »


 Une discipline qui offre d’immenses possibilités…


« La discipline est utilisée pour le géomarketing, le suivi des feux de forêts, des inondations comme on a pu le voir en Allemagne ou Belgique récemment, pour la planification urbaine ou de réseaux routiers, la gestion de réseaux électriques et des réseaux au sens large du terme, ainsi que le suivi des véhicules, tels que les ambulances, camions pompiers et j'en passe. La liste des milieux où l'on peut travailler est très vaste, tant dans le secteur public que privé. » poursuit Alexandre. « Aujourd'hui, près de 80% des données en entreprise ont une position sur Terre, ce qui ouvre grandement le champ des possibles. »

Les géomaticiens sont donc des professionnels, spécialistes des sciences et technologies de l'information géographique. Ils travaillent avec les Systèmes d'Information Géographique (SIG, ou GIS en anglais) qui sont les outils permettant la représentation et l'analyse de données.


 … au Luxembourg et dans le monde entier


Parmi les entreprises qui recrutent régulièrement des géomaticiens ou analystes SIG, il y a les grandes compagnies d’aéronautique et de transport telles que les CFL, Airbus Defence and Space ou Thales, les producteurs et fournisseurs d’énergies comme Total, les administrations publiques avec le service des cadastres ou de gestion de l’environnement, les instituts de recherche en environnement et enfin SES qui recrute souvent des remote sensing analysts (analyse d'imagerie satellitaire).

La liste des employeurs potentiels est donc assez longue et les secteurs qui recrutent sont très variés.

Le début de parcours d’Alexandre reflète bien le côté international de ce secteur. Depuis son enfance, le jeune homme a déjà eu l’occasion d’étudier en Afrique et au Proche-Orient avant de s’installer en France puis au Luxembourg.


Parle-nous un peu de ton parcours


« Mon parcours n'est pas très long pour l'instant, mais bien rempli déjà. J'ai vécu quelque temps au Sénégal et au Liban où j'ai effectué mon collège et lycée. Je suis ensuite revenu en France pour mes études supérieures où, en plus d'autres parcours, j'ai fait une licence de géographie et aménagement avec une spécialité en gestion environnementale des ressources à l'Université Bordeaux Montaigne. 

J'ai découvert la cartographie en deuxième année de licence et depuis je ne l'ai plus quittée. A la suite de ma licence, je suis allé en Master Géomatique spécialité Imagerie spatiale pour la gestion environnementale à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3. La particularité de ce master est qu'il est co-accrédité par l'Université des Sciences de Montpellier, pour la partie programmation informatique et AgroParisTech, l'Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement. 


Comment t’es-tu retrouvé au Luxembourg après cela ?


« J’ai bénéficié d'un heureux concours de circonstances qui pourrait faire l'objet d'une dissertation de philosophie : le hasard est-il du hasard ? Dans mon projet professionnel, j'avais très envie de travailler au Luxembourg. J'ai donc envoyé mon CV à une amie y travaillant. C'est là que l'heureux concours de circonstances intervient car elle avait une réunion prévue avec le directeur de LuxDev qui a tout de suite été intéressé par mon CV car il correspondait à ce qu'il voulait mettre en action. »

Alexandre a donc eu la chance de rejoindre l’équipe de LuxDev en tant que stagiaire analyste SIG avec comme mission de bâtir une politique d'emploi de la géomatique intégrée au système d'information de LuxDev et l'expérimenter.

A la suite de son stage, l’entreprise lui a proposé un CDD de 8 mois en tant que géomaticien, un nouveau poste dans la société.


Quelles sont tes missions actuelles ?


« Mes missions actuelles sont à l'image du poste, très variées. Dans la même journée je peux faire de la cartographie, du traitement de données géoréférencées, des analyses sur de l'imagerie satellitaire, du webmapping, rédiger des documents pour la mise en place des SIG, participer à des réunions pour trouver des façons d’améliorer nos processus. Aucune journée ne se ressemble, il y a des jours où je ne vais faire que du code et d'autres où je ne ferai que de la cartographie et de l'imagerie. Les projets et programmes étant assez variés, je n'ai jamais l'impression de faire la même chose. »


Comment est née ta passion pour la géographie ?


« Ma passion pour la géographie est née de mes voyages et des cartes, j'ai toujours été fasciné par les cartes, comme beaucoup de monde, dès qu'on a une carte sous la main on aime bien la regarder, la toucher, la décortiquer. A l'université, mes enseignants m'ont toujours dit qu'une carte valait 1000 mots, ce qui est très vrai. C'est ce que j'aime surtout dans les cartes, c’est que chacune est un exercice de synthèse, le but est de faire comprendre par des jeux de couleurs, de symboles et d'échelles, une situation, un contexte à une personne qui n'est pas informée sur le sujet

Pour revenir sur la géographie, en fait c'est très simple, je ne savais pas trop vers quelles études m'orienter à la fin du lycée. J'ai suivi plusieurs parcours avant de postuler en licence de géographie et aménagement et c'est le meilleur choix que j'ai pu faire au final. J'avais des cours sur à peu près tout, les systèmes politiques et économiques, les espaces agricoles, la géopolitique, la philosophie géographique, la géomorphologie, les interactions homme-nature et j'en passe. 

Plus j'étudiais le fonctionnement de notre environnement, plus j'étais passionné par la géographie. »


Un mot pour la fin ?


Si j'ai une chose à dire aux lecteurs ce serait ceci : « Toute carte est biaisée car elle est le fruit d'une sélection d'informations. »


A méditer. 😊



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